Le blogue de Paul
Ma carrière de comptable commença à Newry, une petite ville d’Irlande du Nord, quand je quittai l’école à l’âge de 18 ans. Je fus envoyé en apprentissage chez Phelan et Prescott, un petit cabinet de comptables agréés, où je fus engagé à titre d’apprenti sous contrat pour les cinq ans à venir. Pendant ces années, on s’attendait à ce que j’étudie et me prépare pour les examens de l’Institute of Chartered Accountants in Ireland, sans l’aide d’écoles ni de professeurs, mais par correspondance avec le School of Accountancy à Glasgow, en Ecosse, où j’envoyais mes devoirs.
Le bureau était presque Victorien. Les tables étaient empilées de papiers, et fumer était la norme. Mon collègue de gauche, un homme plus âgé, qui fumait la pipe et paraissait avoir amassé des dossiers et des papiers sur sa table depuis le début de sa carrière, n’était visible derrière cette montagne de paperasse que si il mettait sur pied sa stature de plus de six pieds. A l’époque il n’y avait ni ordinateurs ni calculatrices, ce qui était surtout la raison pour laquelle ils avaient besoin de moi. Mon travail était d’inscrire les totaux aux pieds des interminables feuilles de transactions qu’apportaient les clients au bureau. Ceci n’était pas une tâche facile dans les années avant la décimalisation car il y avait trois colonnes à additionner sur chaque feuille : les pennies (divisez par 12 et portez le résultat à la prochaine colonne) les shillings (divisez par 20 et portez le résultat à la prochaine colonne) et les pounds. En réalité, il y avait quatre colonnes parce que le halfpenny continuait d’être utilisé à l’époque. C’était un travail abrutissant.
Comme d’un commun accord entre mon directeur et moi-même, je ne fus pas rémunéré pendant les trois premières années de mon contrat. Comme je ne voulais pas vivre au dépend de mes parents, j’ai trouvé des façons de gagner un peu d’argent. Les clients de l’étude étaient pour la plus part des fermiers ou des petits commerçants. Il devint bientôt clair que ces derniers avaient besoin de mon aide. Tous vinrent à l’étude à la fin de l’année pour préparer les états financiers, mais à part cette visite annuelle, il n’y avait personne à leur disposition, entre temps, pour s’occuper d’eux quand ils avaient désespérément besoin d’avoir une idée de comment allaient leurs affaires. Donc quelques uns d’entre eux me recrutèrent pour faire leur comptabilité et en le faisant j’ai réalisé que ceci représentait plus que simplement une tâche pour eux. Je commençais à acquérir les compétences rudimentaires pour pouvoir extraire l’information sur le profit et la perte, et nous faisions l’inventaire une fois par mois au lieu d’une fois par année comme dans le passé. Tout d’un coup, la sensation d’abrutissement quitta mon cerveau et je compris que la puissance des chiffres était la puissance de la connaissance.
Après quelques années je laissais mes clients de Newry derrière moi et poursuivais ma carrière à Belfast, ensuite à Londres et éventuellement à Montréal. Cependant, pendant que toutes ces années s’écoulèrent je n’oubliais pas mes petits clients de Newry et je me souvenais de l’importance qu’avait le travail que je fis pour eux. Comment pouvais-je monter une affaire pour ce besoin évident ? Le problème de base était que c’était un modèle d’affaire difficile. La comptabilité dans ce temps là, était un travail manuel méticuleux, et quoique l’argent de poche fût intéressant pour un étudiant sans le sou, il ne paraissait pas y avoir façon de faire une affaire profitable, de l’énorme demande.
Du moins pas avant les années 90. L’arrivé de l’ordinateur personnel abordable au début des années 80 révolutionna la façon de diriger tous les commerces mais ce ne fut pas avant le début des années 90 que le premier logiciel de comptabilité abordable arriva sur le marché. Quoique rudimentaire et défectueux, il créa un modèle d’affaire impossible auparavant. Il diminua le temps que cela prenait pour entrer, additionner et passer les écritures des transactions de comptabilité. Soudainement, le logiciel donna vie aux projets commerciaux.
Ainsi est née Eircan. Nous sommes allés chez les petits commerçants et nous avons annoncé notre arrivé. Pour la première fois, un cabinet de comptables, professionnels de formation, se chargerait, quotidiennement, de la comptabilité et du côté financier de votre commerce et vous remettrait le genre d’information sur votre liquidité et vos profits que seul les grandes entreprises en avaient les moyens dans le passé.
Eircan révolutionne non seulement la façon de faire tourner les petites entreprises, mais nous révolutionnons aussi la profession elle-même. Cela commence avec le nom par lequel les professionnelles s’appellent. Vous vous imaginez que les « comptables » font la « comptabilité », pas vrai ? C’est faux ! La plus part des comptables font tout, sauf ça. Ils s’occupent des taxes, la vérification des comptes, ils font les « assurances », soulèvent un risque, mais tiennent t-ils vos livres? Apparemment, plus maintenant. Si vous voulez qu’on s’occupe de vos livres, si vous voulez que la comptabilité soit faite, ou bien vous le faites vous-même ou vous embauchez un amateur enthousiaste pour le faire pour vous. Donc le petit commerçant se retrouve seul, sans l’appui que les grandes entreprises prennent pour acquis. Récemment un client me l’a présenté mieux que je pourrais le faire moi-même : « Je vais chez mon comptable et demande de l’aide pour tenir les livres et pour avoir de l’information sur mon commerce », me dit-il. « Et lui me dit, « on ne fait pas ça. Vous devrez trouver un teneur de livres pour vous aider ». Mais quand je demande au teneur de livre quelque chose de compliquée il me dit de parler avec mon comptable ». C’est frustrant !
Alors notre révolution est une révolution de « retour à l’essentiel ». Encore une fois, les comptables font vraiment de la comptabilité pour leurs clients. Et pourquoi déclarons nous êtres comptables du 21 siècle ? Par ce que nous avons les outils pour faire le travail de façon dont nous ne pouvions même pas rêver il y a 15 ans. Le logiciel que nous employons est plus facile à utiliser et plus puissant que n’importe quel autre à la disponibilité d’une grande multinationale. Le logiciel pour les petites entreprises permet à l’utilisateur d’exécuter des gymnastiques incroyables qui sont possibles de réaliser seulement avec les plus petites bases de données. Et, avec nos services d’hébergement, vous avez maintenant accès en temps réel à vos livres, depuis n’importe où sur la planète via internet.
Bienvenue à « demain » !
